Gabrielle Chanel, une vie en musique

Chanel, plus qu’une marque, un nom de légende… Après la danse, SoBARNES vous emmène dans l'intimité de Gabrielle Chanel à travers un pan méconnu de sa vie, la musique.

Des chants religieux de l’orphelinat de l’abbaye d’Aubazine (Corrèze), où elle passe une partie de son enfance, aux salles de concerts qu’elle fréquente assidûment, la musique est une composante essentielle de la vie de Gabrielle Chanel (1883-1971). À Moulins (Allier) en 1905, elle se rêve chanteuse de café-concert et interprète des airs populaires, comme Qui qu'a vu Coco ? Si sa voix est faiblarde, elle témoigne du tempérament de feu de cette jeune femme et, à défaut de lui offrir la liberté, la musique lui donne déjà un surnom : Coco !

Chez les musiciens qui, avec les peintres ou les écrivains, formeront bientôt le cercle de ses intimes, elle développe son goût du rythme, du mouvement, du changement. C’est ce sens de la rupture qui lui permettra d’offrir à la mode un autre destin. Un esprit qu’elle retrouve chez Igor Stravinsky qui, au début des années 1910, s’est imposé sur la scène parisienne avec L’Oiseau de feu, Petrouchka et Le Sacre du printemps. Ces trois œuvres aux rythmes et aux sonorités inédites composées pour les Ballets russes de Serge Diaghilev marquent un tournant décisif dans l’histoire de la musique française. Gabrielle Chanel, consciente de leur importance esthétique, financera en 1920 la recréation du Sacre du printemps, avant d’héberger durant près d’un an le compositeur russe et sa famille dans sa villa de Garches.

À l’aube des Années folles, la France découvre le jazz. Parmi les noctambules qui tentent d’oublier dans la fête le traumatisme de la Première Guerre mondiale, on la croise régulièrement au Bœuf sur le toit, un cabaret où se presse le Tout-Paris pour danser sur des musiques dont les rythmes effrénés évoquent l’Afrique ou l’Amérique du Sud. Gabrielle Chanel en profite pour adapter ses créations à l’amplitude du mouvement qu’impose une telle musique.

 

C’est aussi au Bœuf sur le toit qu’on entend les créations musicales de Georges Auric, de Darius Milhaud, de Francis Poulenc, d’Arthur Honegger, de Louis Durey et de Germaine Tailleferre. Gabrielle les soutiendra avec une fidélité sans faille en favorisant la diffusion de leurs œuvres ou en devenant mécène de l’Orchestre Symphonique de Paris (1928).

Amatrice éclairée et engagée, Gabrielle Chanel aime toutes les musiques, qu’elles soient religieuses, classiques ou populaires. Dans les années 1960, celle qui a su faire descendre sa mode dans la rue ne se prive jamais d’apprécier les musiques qui séduisent alors les jeunes générations. Elle se contentera d’un strapontin pour assister à un concert de Johnny Hallyday et s’envolera pour Londres applaudir les Beatles… Au sommet de sa gloire, Gabrielle n’est pas moins populaire qu’eux. En 1969, peu avant sa disparition, sa légende se raconte en musique : à Broadway, une comédie musicale intitulée Coco retrace sa destinée hors du commun et connaît un véritable succès, avec Katharine Hepburn dans le rôle-titre.

Un héritage choyé par celles et ceux qui lui ont succédé aux commandes de la Maison qui porte son nom : des égéries aux ambassadrices et durant les défilés, la musique fait partie de l’ADN de Chanel.

laurent@sobarnes.com

Infos : Chanel.com

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