Louis Vuitton, une vie de roman

Avant d’être le nom d’une des marques les plus célèbres au monde, Louis Vuitton est celui d’un homme. Un artisan et entrepreneur de génie, né voilà 200 ans dans le Jura français. Plongeons sans retenue dans Louis Vuitton, l’Audacieux, sa biographie romancée sortie chez Gallimard. Et partons en mode SoBARNES à la rencontre de son auteur, Caroline Bongrand.

Son nom est Vuitton, « tête dure » en patois jurassien. Né en 1821, le jeune Louis a tout juste 14 ans mais de la détermination à revendre lorsqu’il quitte, en sabots et sans pain, le moulin familial pour échapper à sa belle-mère tyrannique. La légende est en marche même si, évidemment, personne alors ne s’en doute. Ce voyage initiatique le conduira à Paris en deux ans. Il y trouvera son premier vrai emploi, comme apprenti auprès de Romain Maréchal, le layetier-coffretier-emballeur le plus en vue du faubourg Saint-Honoré. Dès lors, sa bonne étoile ne le quittera plus.

D’une plume alerte, Caroline Bongrand retrace dans Louis Vuitton, l’Audacieux (*) l’ascension météorique de ce jeune artisan, virtuose et visionnaire, dans le Paris transformée par Haussmann.

Lorsqu’Eugénie de Montijo devient impératrice des Français, elle garde auprès d’elle son « emballeur » préféré, auquel la lie une amitié aussi sincère que durable. Porté par ce soutien de premier plan, Louis Vuitton s’installe à son compte en 1854 et crée la marque qui porte son nom. Entraîné par les fastes du Second Empire, il invente des malles toujours plus audacieuses, adaptées aux tenues extravagantes et aux voyages lointains qui sont alors la règle dans l’aristocratie européenne. Il fera ainsi de sa propre existence un roman et de son nom une marque, une référence.

Écrit par la romancière Caroline Bongrand, par ailleurs scénariste du film Eiffel, cette biographie dans laquelle la réalité est plus belle que la fiction a bénéficié du soutien de la maison Louis Vuitton et de ses archives. Et parce que nous sommes entre nous, voici un petit secret en forme d’œuf de Colomb : l’un des coups de génie de Louis Vuitton fut d’imaginer la malle à couvercle plat, l’ancêtre de la quasi-totalité des bagages d’aujourd’hui. Avant lui en effet, les malles étaient bombées, ce qui les rendaient infiniment moins facile à empiler, notamment dans un train. Il suffisait d’y penser. Et d’oser !

laurent@sobarnes.com

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Louis Vuitton, l’Audacieux, par Caroline Bongrand, 333 p., éd. Gallimard, Hors-Série Littérature, 20 €

 

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