A la Fondation Cartier, dans la peau de Damien Hirst

Cerisiers en fleurs est sans conteste l’un des événements phares de la reprise culturelle parisienne. La Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille avec brio la première exposition institutionnelle de Damien Hirst en France. Et présente un extraordinaire film documentaire nous plongeant au cœur de l’intimité du peintre. Au plus près de la création, en mode SoBARNES.

PARIS - Les Cerisiers en Fleurs sont à la fois un détournement et un hommage, rendu par Damien Hirst aux grands mouvements artistiques de la fin du XIXe et du XXe siècles. Après y avoir consacré trois années entières, c’est en novembre 2020 que le bouillonnant londonien achève la série : « La pandémie m’a permis de vivre avec mes peintures et de prendre le temps de les contempler, jusqu’à ce que je sois certain qu’elles étaient toutes terminées ». De ces 107 toiles de très grand format, l’exposition à la Fondation Cartier pour l’art contemporain en a sélectionné 30, qui envahissent jusqu’au 2 janvier 2022 l’espace créé par Jean Nouvel et immergent le spectateur dans la peinture.

Filmé dans son atelier au bord de la Tamise, Damien Hirst raconte « se plonger dans les toiles et les bombarder de peinture de bout en bout », travaillant plusieurs tableaux en même temps et revenant sans cesse sur certains qu’il garde auprès de lui de longs mois après leur achèvement. Baskets aux pieds et couvert de peinture, il nous ouvre les portes de son studio, baigné de lumière et de musique rock. La caméra filme le ballet de l’artiste qui passe d’une toile à l’autre, se plonge dans le canevas blanc jusqu’à le couvrir de peinture puis entasse ses tableaux les uns sur les autres. Des plans fixes, tournés au grand-angle, montrent Damien Hirst tantôt assis dans son mythique fauteuil Chesterfield, observant en silence ses tableaux, tantôt projetant énergiquement de la peinture à la façon de Jackson Pollock ou l’appliquant consciencieusement par touches, à la manière de Georges Seurat.

Tournées pendant une année entière, ces images rares offrent d’inestimables clés de compréhension de l’œuvre de Damien Hirst. Il y révèle le plaisir jubilatoire qui le lie à la peinture et la quête de la couleur qu’il mène depuis toujours : « C’était jouissif de travailler sur ces toiles, de me perdre entièrement dans la couleur et la matière à l’atelier. Les Cerisiers en Fleurs sont tape-à-l’œil, désordonnées et fragiles, et grâce à elles je me suis éloigné du minimalisme pour revenir avec enthousiasme à la spontanéité du geste pictural ».

Autant vous le confier, nous sommes fans absolus. Et nous en redemandons, dans le registre de l’artiste expliquant avec simplicité le cœur de son processus créatif : « Je sais qu’un tableau est terminé lorsque je n’ai plus envie d’y ajouter de points. Quand le mouvement ralentit. Souvent, quand je regarde les toiles, il y a des choses qui me contrarient, des problèmes que je veux résoudre, certaines parties qui ne me plaisent pas, alors je peins par-dessus... Et au bout d’un moment, je m’assieds dans mon fauteuil, j’ajoute deux, trois points, et je passe plus de temps à regarder. Finalement je m’assieds et j’observe, et alors si je n’ai plus envie de changer quoi que ce soit, c’est que le tableau est terminé ».

C’est la première fois que la série des Cerisiers en fleurs est présentée au public. Vous craignez que cette exposition soit répétitive ? Il n’en est rien, tant l’explosion de couleurs signée Damien Hirst envahit la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Mais pour vous en convaincre, une seule solution, filer boulevard Raspail.

laurent@sobarnes.com

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Infos pratiques :

Damien Hirst, Cerisiers en fleurs - Fondation Cartier pour l'art contemporain, 261, boulevard Raspail, 75014 Paris - FRANCE
Tous les jours sauf lundi, 11h-20h, nocturne le mardi jusqu'à 22h. Jusqu’au 2 janvier 2022 / Fondation Cartier pour l'art contemporain

 

 

 

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