Dior, au-delà de la mode

Si le défilé printemps-été 2021 de Dior a tant marqué les esprits, c’est pour son extraordinaire alchimie entre mode, avant-garde et réflexion sur la place et l’image de la femme dans notre société. Retour en images sur un événement qui a dépassé le cadre d’une collection de prêt-à-porter pour se transformer en manifeste artistique global.

PARIS - Rarement la traditionnelle tente dressée dans le Jardin des Tuileries pour accueillir les défilés de la fashion-week parisienne n’aura accueilli une telle splendeur créative. Pour Maria Grazia Chiuri, la directrice artistique de Dior, une collection ne consiste pas seulement à concevoir une série de pièces pouvant accueillir le corps des femmes qui les portent ; il s'agit également d'une réflexion sur les transformations de la société, ou une réaction aux événements. Pour le printemps-été 2021, Maria Grazia Chiuri a transformé la silhouette afin de respecter, paradoxalement, son héritage : le radicalisme subversif de ses origines.

La structure de la veste Bar se transforme ainsi avec la réinterprétation d’une collection Dior réalisée au Japon pour l’automne-hiver 1957. La présence de lacets permet de l’adapter à sa guise sur le corps. Le tailleur habille chaque femme de manière singulière. Unique. Maria Grazia Chiuri puise son inspiration chez celles qui illuminent les vies et les sentiments grâce à leur écriture : poétesses, intellectuelles, écrivaines. Membres d’une académie idéale. Dans l’intimité de leur maison, de leur espace de travail, lovées dans d’infinies superpositions colorées, comme Virginia Woolf, ou vêtues d’une simple chemise blanche comme Susan Sontag.

En arrière-plan, le projet de la Vetrata di poesia visiva (« vitrail de poésie visuellev), pensé par l’artiste Lucia Marcucci (l’une des figures les plus emblématiques des expérimentations de l’avant-garde italienne) comme une installation in situ, a transformé la tente du défilé en une scène grandiose, rythmée par d’immenses light-boxes évoquant la dimension sacrée des vitraux des cathédrales gothiques.

Soulignant la solennité de l’instant, surgit le vocero, un chant corse exprimant la douleur des femmes en deuil de leur mari ou de leur enfant, interprété par douze chanteuses de l’ensemble vocal Sequenza 9.3, dirigées par Catherine Simonpietri. Leur interprétation reflète les choix possibles du futur, la beauté vécue comme une recherche intérieure et artistique.

Élément indispensable pour Maria Grazia Chiuri, la chemise d’homme se réinvente. Elle devient une tunique ou une robe, faisant écho à l’emblématique robe-chemise Dior, associée à un large pantalon rayé ou à un short. Elle se porte aussi sous de grands manteaux en tissu chiné. Des patchworks de foulards aux motifs cachemire et floraux – ornés de fragments de dentelle offrant un effet de collage romantique – sont déclinés au gré d’une série de robes ou de pantalons ouvrant des possibilités infinies au champ de l’imagination...

Du grand art.

Chapeau Dior. Et merci.

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Infos : Dior.com

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