A Beverly Hills, dans la tanière de Rudolph Valentino

Rudolph Valentino fut, au détour des années 20, la première superstar de l’histoire du cinéma. SoBARNES vous ouvre les portes de la maison qu’il avait aménagée à son image sur les hauteurs de Los Angeles.

LOS ANGELES - Qu’ont en commun Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Ryan Gosling, George Clooney et Bradley Cooper ? Ils doivent tout à un seul homme, Rudolph Valentino (1895-1926). Plus qu’un nom, un mythe. Né dans les Pouilles d’un père italien et d’une mère française, Rodolfo Alfonso Raffaello Piero Filiberto Guglielmi di Valentina d'Antoguolla (!) émigre aux Etats-Unis à l’âge de 18 ans après une courte carrière de danseur à Paris. A New York, il enchaîne les petits boulots, dont jardinier ou transporteur, avant de se faire remarquer comme virtuose du tango argentin. Cela le poussera à rejoindre une troupe itinérante qui, d’opérette en opérette, le mènera jusqu’en Californie. Son élégance féline et son regard de braise lui ouvriront très vite les portes d’un univers en pleine expansion : Hollywood. Le cinéma est encore muet en cet après-Guerre ébouriffant, mais il ne faudra que quelques seconds rôles à Rudolph Valentino, son nouveau nom d’acteur, pour faire parler de lui. Avec comme coup d’essai un coup de maître, Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse (1921), réalisé par Rex Ingram, l’un des premiers blockbusters de cette industrie naissante. Suivront, la même année, Le Cheik et La Dame aux Camélias, qui lui donnent ses galons de stars. Et de sex-symbol, le premier du genre. Celui qui aura tracé le chemin pour des générations d’acteurs hollywoodiens.

Dès lors tout ira très (trop ?) vite. Il enchaîne les films et les excentricités, se remarie avant d’avoir divorcé, fait fortune mais dépense sans compter… Son seul véritable point d’ancrage semble être Falcon Lair, sa propriété nichée dans les collines au-dessus de Benedict Canyon, entre Beverly Hills et Bel Air.

Valentino achète cette maison de style néocolonial espagnol, qui vient d’être construite, en 1925. C’est Gloria Swanson (*), autre immense star et sa partenaire dans Le Droit d’Aimer, qui lui fait découvrir cette propriété de plus de 3 hectares au bout d’un chemin de terre dans ce qui est encore un quartier assez sauvage sur les hauteurs de Los Angeles. Rudoph Valentino l’achète sur le champ 175 000 $ (une fortune à l’époque) car il espère avoir trouvé l’écrin pour stabiliser ses relations avec sa deuxième épouse, Natacha Rambova. Celle-ci, hélas, n’y séjournera quasiment jamais puisqu’elle le quitte avant la fin de l’année. Valentino baptise néanmoins les lieux Falcon Lair (l’antre du faucon), du nom d’un projet de film sur lequel ils travaillaient ensemble. Et il achète 6 hectares de terres adjacentes pour pouvoir y monter ses quatre étalons arabes en toute intimité.

En effet, une fois son adresse connue du grand public, ses admiratrices viendront jour et nuit faire le pied de grue à sa porte pour avoir, au mieux, la chance de l’apercevoir. Valentino fera donc ériger un haut mur de béton tout autour du domaine. Tout comme il remanie sérieusement les lieux, notamment pour y accueillir son personnel. Et ses automobiles, une autre de ses passions. Il ne profitera malheureusement pas de ces lourds investissements puis qu’il meurt subitement à New York, en août 1926, à l’âge de 31 ans. Et de créer une autre légende, celle de la star hollywoodienne décédée dans des circonstances forcément obscures (empoisonnement, overdose ou blessures causées par un mari jaloux ?). Plus de 100 000 personnes assisteront à ses obsèques, l’on dit même que plusieurs femmes se suicideront de désespoir après celles-ci…

Le charme discret du vieil Hollywood

Après sa mort, le domaine de Falcon Lair a été vendu et le terrain morcelé pour couvrir les dettes de la star. L’excentrique milliardaire du tabac Doris Duke le racheta en 1953 et y vécut jusqu'à sa mort en 1993, ce qui permit de maintenir la propriété relativement intacte. Que reste-t-il aujourd’hui de la légendaire tanière de Valentino ? Le site, bien sûr, son portail d’entrée, l'ancienne écurie et le garage à trois baies de Valentino, qui ont été convertis dans les années 70 en une maison d’amis et un pool house. « Son dernier propriétaire avait restauré et remodelé avec amour la maison pour lui redonner le charme discret du vieil Hollywood, explique Davide Giardino, de BARNES Private Office. Avec des cheminées anciennes, des lustres, des appliques et des baignoires sur pieds. La propriété, qui s’étend à présent sur 1,3 hectares, conserve également le mur que l'acteur avait construit pour la protéger des regards indiscrets, ainsi que sa piscine d'eau salée de 15 mètres et son spa ».

Si ce mur pouvait parler, il raconterait les arrivées nocturnes de Charlie Chaplin, Mary Pickford et Douglas Fairbanks, qui débarquaient à l’improviste chez Rudolph, en voisins. Il dirait quelques mots sur Pola Negri, l’actrice polonaise qui fut la dernière muse de Valentino et qui partagea pendant des décennies son temps entre Los Angeles et le Val-d’Oise. Il pourrait témoigner que des milliers d’admirateurs posthumes arpentent chaque année Benedict Canyon pour essayer de trouver cette fameuse propriété.

Celle-ci vient d’être vendue par Davide Giardino (contact : d.giardino@barnes-international.com). A une star ? Nous ne le saurons pas. Hollywood oblige.

laurent@sobarnes.com

(*) Et bien sûr l’info #SoBARNES qui vous permettra de scotcher les fans les plus inconditionnels de Rudolph Valentino : en 1923, l’acteur publia un recueil de poèmes intitulés Day Dreams. L’un d’entre eux étant dédicacé « à G.S. », tous les critiques crurent qu’il s’agissait de Gloria Swanson. Que nenni, dans ses mémoires, Natacha Rambova, la deuxième épouse de Valentino, allait révéler qu’il s’agissait de… George Sand. Avouez que vous ne vous vous y attendiez pas !

 

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