Harley-Davidson en route vers de nouveaux horizons

Voilà un joli cas d’école. Comment raviver le mythe Harley-Davidson sur un marché mondial qui ne jure que par les motos ultra-polyvalentes, confortables et dotées d’une foule d’aides électroniques à la conduite ? C'est-à-dire le contraire de la production traditionnelle de Milwaukee. Et si la solution résidait dans la Pan America, une baroudeuse au prix raisonnable mais aux dents longues ? SoBARNES met son casque, ses gants, son blouson de cuir et le contact !

Harley-Davidson est, au propre comme au figuré, à la croisée des chemins. Avec un sacré défi à relever : se réinventer pour renouveler sa clientèle sans trahir ses origines ni son ADN. En clair, le mythe du motard solitaire sillonnant les highways au son de ses pots d’échappement, les jambes en avant et les bras vers le haut, a vécu. L’esprit Easy Rider (1969) ne fait plus vibrer que ceux qui ont l’âge du film de Dennis Hopper, soit des quinquagénaires. Ajoutez à cela des normes anti-pollution ayant tendance à étouffer les moteurs et leurs émission sonores et vous comprendrez que la carte postale du cow-boy urbain partant à l’assaut de la Route 66 n’est plus vraiment d’actualité. Et pourtant, combien de marques au monde peuvent-elles se targuer d’une notoriété et d’une cote d’amour semblable à celle de Harley-Davidson ? La vénérable firme fondée en 1903 à Milwaukee (Wisconsin, Etats-Unis) a créé son propre univers, sa propre culture, ses propres codes. Reste maintenant à les adapter au marché d’aujourd’hui. C’est le rôle de la Pan America, présentée en fanfare (digitale) le 22 février dernier. Avec un objectif : donner un nouveau sens à l’esprit d’aventure à moto. Et faire revivre le rêve Harley-Davidson, sur la route et en dehors des sentiers goudronnés.

Dans la catégorie des maxi-trails, ces motos baroudeuses aptes à traverser la planète quels que soient le revêtement ou les conditions climatiques, la compétition se résume en un match à une seule concurrente : la BMW GS, vendue à plus de 800 000 exemplaires depuis son lancement au début des années 80. La référence absolue, y compris sur le marché américain, ce qui ne pouvait qu’irriter les stratèges d’Harley-Davidson. La marque de Milwaukee est-elle légitime sur ce créneau ? « Lors de sa création il y a plus d'un siècle, alors que de nombreuses routes n'étaient encore que des sentiers de terre, Harley-Davidson rimait avec aventure », déclare Jochen Zeitz, son PDG. Et de présenter ce film bourré de testostérone et de clins d’œil historiques, réalisé et joué par l’acteur Jason Momoa :

 

Vous l’aurez compris, la Pan America entend faire aussi bien ou mieux que sa rivale allemande dans tous les domaines. Nous vous ferons grâce de son interminable fiche technique mais sachez que la tradition du bon vieux moteur V-Twin est respectée (ouf !), en l’occurrence un 1 250 cm3 à refroidissement liquide de 150 ch (contre 136 pour la BMW). Grande première pour une Harley, la Pan America reçoit une panoplie d’aides à la conduite allant jusqu’à un système de suspension qui passe automatiquement d'une position abaissée à l’arrêt à une hauteur optimale lorsqu’elle roule (en gros comme une bonne vieille Citroën DS, nous direz-vous, mais là, il s’agit d’une moto !). Bonne nouvelle, son poids est contenu à 242 kilos, soit 7 de moins que son ennemie désignée.

Autre bonne nouvelle, même son prix est contenu (pour une Harley) : à partir de 15 990 € et 18 290 € en version Special mieux équipée. Soit nettement moins que la BMW GS, vendue à partir de 18 100 €.

Reste une question : côté style, la Pan America est-elle encore une Harley-Davidson ? Nous avons tendance à voter oui. Même si son feu avant rectangulaire a pour l’instant du mal à convaincre les esthètes. Réponse en juin 2021, lors des premières livraisons en France !

[email protected]

Infos sur www.harley-davidson.com

 

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