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Jean-Michel Wilmotte : Une créativité en éveil

Du centre spirituel et culturel orthodoxe russe, à deux pas de la Tour Eiffel, au plus grand incubateur de start-up du monde, en passant par l’hôtel Lutetia et le siège de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Jean-Michel Wilmotte est demandé partout dans le monde. Entretien avec un architecte singulier, membre de l’académie des beaux-arts et à la tête d’une équipe de 270 personnes.

Du plus petit au monumental, votre agence intervient sur les chantiers les plus divers. Comment parvenez-vous à concilier un tel changement d’échelle ?

Cette diversité est essentielle. Elle nourrit ma créativité et me pousse à me réinventer sans cesse.

Quels sont vos atouts pour y parvenir ?

L’énergie, l’enthousiasme, la passion… Et des équipes remarquables ! Mon rôle est de les entraîner et de leur permettre d’exprimer au maximum leur potentiel.

Vous définiriez-vous comme un chef d’entreprise ?

Un architecte est aussi un entrepreneur. Il doit être créatif, mais également manager. Je reste à l’origine de la démarche créative, celui qui fait la première esquisse à la main. Puis, suivant les affinités de mes collaborateurs, leurs forces, ou leur planning, je constitue une équipe avec laquelle je vais développer le projet.

Comment pourrait-on définir votre style ?

Plutôt minimaliste. J’aime les lignes pures, la sobriété. Mon objectif est de concevoir des bâtiments qui vieillissent bien et s’intègrent parfaitement à leur contexte.

Être français a-t-il de l’importance dans votre démarche ?

Cela explique sans doute mon attachement à l’art, aux savoir-faire artisanaux et au patrimoine !

Qu’est-ce qui vous passionne ?

Faire des rencontres, être challengé et donner corps à des idées.

Les qualités essentielles qu’implique votre métier ?

Une qualité d’écoute : 40 % du projet. Ensuite, il faut avoir l’esprit vif, savoir s’adapter tout en restant fidèle à ses principes. Il faut aussi être capable de voir grand, tout en restant raisonnable.

Quelles sont les différentes étapes de votre intervention ?

D’abord, j’écoute pour bien saisir ce que souhaitent mes interlocuteurs, puis je me rends sur les lieux. La prise de contact est un rituel qu’il faut mener jusqu’au bout. Il faut observer, analyser… puis prendre un peu de distance. Là, je commence à esquisser les grandes lignes du projet avec mes équipes. Et puis, il y a ce moment de pur bonheur lorsqu’on présente le projet au client pour la première fois, avec un carton rempli de rêves.

Votre définition du luxe ?

De grands volumes, de la lumière naturelle et de la hauteur sous plafond.

Le projet qui vous tient le plus à cœur ?

L’installation du centre d’entraînement du PSG. Dans ce lieu où l’on doit former les meilleurs, il faut arriver à concilier bien-être, efficacité et beauté.

Celui dont vous rêvez ?

Bâtir un pont qui relierait Brazzaville et Kinshasa avec, de part et d’autre, deux bâtiments iconiques. Ce serait un vrai symbole.

 

Par Bertrand de Saint Vincent
Crédits Photos : © Jean Grisoni © Alessandra Chemollo

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