L'univers créatif de Muriel Grateau: mode art de la table et haute joaillerie

Muriel Grateau : L'évidence de l'élégance

D’abord la mode, puis l’art de la table et même la haute joaillerie, l’univers créatif de Muriel Grateau ne se refuse aucune facette. Portrait sous le charme de la reine de l’understatement.

Une chic dame

Croisez-là dans un salon de thé ou à une soirée mondaine, cette femme toute de noir vêtue vous intriguera. Vous vous demanderez qui peut bien se cacher derrière ces lunettes noires fumées. Silhouette longiligne, pas feutré, une certaine allure : ça ne peut être qu’elle. Madame s’appelle Muriel Grateau et elle a la classe de ceux qui affichent une discrétion pleine de lumières – rien d’étonnant à ce que la grande patronne du Elle, Hélène Lazareff, l’ait remarquée toute jeune. Des modes et des tendances, elle en a vu passer en pagaille depuis les années 1960 et la création de son bureau de style, Promostyl. Un succès en appelant un autre, Muriel Grateau part travailler dans la mode italienne, dessine pléthore de collections dont une collaboration avec Diego Della Valle et fait déjà preuve d’un flair redoutable, en allant défiler à Milan alors que la foule modeuse se rue encore à Florence.

L'art à sa table

Toujours aussi déterminée, Muriel Grateau se lasse d’une vita qui n’est plus si dolce et plie bagages en 1992 : direction Paris, plus précisément les Jardins du Palais Royal, où elle ouvre sa première galerie. Enfin un espace pour laisser libre cours à un concept nouveau, mêlant accessoires, maille et surtout… sa vision de la table. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ! Finis les fioritures et les chichis qui ornent les porcelaines de ces tables trop guindées, Muriel Grateau lance un nouvel art de la table et insuffle un vent de fraîcheur épurée et colorée, assez rigoureuse pour ne pas tomber dans les extravagances baroques et bien trop poétique pour flirter avec le minimalisme sans âme. Pur, juste là où il faut. À un tel point que ses assiettes, ses coupes, ses bols ont besoin d’un écrin rien que pour eux, que le destin situera rue de Beaune, à côté de leurs semblables, les chef d’œuvres du Carré des Antiquaires. Comme un tableau ou une sculpture, chaque pièce de Muriel Grateau est unique puisqu’elle est coulée et finie à la main, mais elle est surtout teintée dans la masse. C’est la spécialité maison, un procédé industriel bien à elle que Muriel Grateau a inventé dans son usine du Centre de la France, à l’encontre de tous les dogmes des porcelainiers vieux jeu.

Un précieux écrin

Le pigment dans toute son essence est sans doute l’atout charme de la couleur façon Grateau, dense, forte, conjuguée sur 100 variations chromatiques sur mesure, dont l’impact vient d’être ravivé par la nouvelle blancheur des murs de la boutique rue de Beaune.
Entièrement repensée, cette vitrine se pare d’une belle gamme de joaillerie, depuis que Muriel Grateau a renoué avec ses débuts dans la mode. C’est en 2005 qu’elle crée sa première collection et trace sa propre voie, en s’éloignant du clinquant : l’or ne doit pas forcément briller, il peut être émaillé, tout comme un matériau pauvre peut avoir sa grâce, une fois monté sur une pierre précieuse. Le luxe se dérobe. Aussi imposantes et raffinées soient-elles, ses bagues ou ses broches gardent une liberté d’esprit qui n’a de sérieux que la fabrication, réalisée selon les règles de l’art dans un atelier parisien. Car, en plus du flair, Muriel Grateau a le don de l’élégance, aussi bien dans ce qu’elle fait que dans ce qu’elle est.

 

Crédit Photo :
© Oleg Covian

 

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