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Mon idée du luxe Par Armen Petrossian

Il incarne le savoir-faire français. Dans sa boutique du 18 boulevard de La Tour-Maubourg, le tsar du caviar nous livre sa vision du chic et de l’excellence. Tout en élégance.

Quelle est votre définition du luxe ?

Le produit doit être hors-norme, exceptionnel, pratiquement inaccessible. Le luxe implique la rareté, un volume relativement petit. Il suppose aussi une intervention humaine, un savoir-faire.

Votre plus lointain souvenir rattaché à l’univers du luxe ?

J’ai baigné dans ce domaine dès mon enfance, je suis né dans le caviar. Pour autant, cela ne concernait pas vraiment les objets. Ma curiosité naturelle m’a poussé vers la maroquinerie, les montres, les chaussures. Ma première paire de souliers Berluti a été ma première approche du luxe. J’étais impressionné par la patine. Je devais avoir 26 ou 27 ans.

Vous possédez près de 500 nœuds papillon. Le port de cet accessoire s’apparente-t-il à un luxe ?

Absolument ! C’est un message. J’adapte toujours mon nœud papillon à mes rencontres de la journée. Par exemple, si j’ai rendez-vous avec un Brésilien, j’essaie d’opter pour les couleurs du drapeau national. Je suis très sensible aux couleurs; j’essaie d’accorder mon nœud papillon à mon costume. C’est tout un cérémonial.

Le summum du luxe pour accompagner une dégustation de caviar ?

Le caviar est un marqueur de temps. Très souvent, il célèbre une occasion. Il n’a besoin de rien, mise à part une petite cuillère, une grosse boîte. Il peut s’accompagner d’un verre de vodka ou de champagne. Mes préférences vont vers Krug, la cuvée Cristal de Louis Roederer, ou encore la cuvée Alexandra de Laurent-Perrier.

Le luxe implique-t-il forcément la cherté ?

Le prix ne fait pas le luxe. Même s’il en est souvent un indicateur. Dans l’imaginaire collectif, les produits luxueux sont chers. Ce sont la rareté et le travail qui comptent et non le marketing. Le marketing emprunte les codes du luxe pour transformer un produit ordinaire en produit de luxe. Le consommateur se laisse-t-il tromper ? Je ne le pense pas.

Charlie Chaplin aurait dit : « La chose la plus triste que je puisse imaginer, c’est que l’on puisse s’habituer au luxe »... C’était un épicurien ainsi qu’un grand amateur de caviar. Il ne souhaitait pas que le produit devienne banal. Je suis d’accord avec lui. Si le luxe devient normal, est-ce encore du luxe ?

 

Rencontre avec Camille Vittet

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