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Valérie Messika : Un précieux havre de paix

Fondatrice de sa marque de joaillerie et haute joaillerie éponyme, la lumineuse Valérie Messika révolutionne depuis plus de dix ans l’univers solennel du diamant. un lien subtil entre tradition et modernité qui se retrouve dans sa charmante maison de campagne familiale. Rencontre, ou plutôt : lumière.

Vous avez lancé votre maison de joaillerie en 2005 et vous êtes devenue une référence dans ce domaine. Comment a eu lieu votre coup de foudre avec les diamants ?

Il est arrivé quand j’étais petite. Mon père est diamantaire et cela a toujours été notre pierre de filiation. Il rentrait à la maison avec des pierres et on jouait à savoir quel était le plus beau diamant. En ayant eu accès facilement aux diamants, j’ai développé une relation très libérée avec eux, ce qui m’a aidée dans la création.

Votre coup d’éclat a été de décomplexer cet univers de la joaillerie, notamment avec votre bijou signature, le « Move ». En matière de décoration, fuyez-vous également les codes ?

Je tente de me libérer des codes dans tous les domaines. Lorsque j’ai rejoint l’univers de la joaillerie au début des années 2000, tout tournait essentiellement autour du « diamant est éternel », la bague de fiançailles… J’avais envie de casser le côté parfois très solennel et de montrer qu’on pouvait s’acheter un bijou pour soi, même en dehors de ces très belles occasions. Pour la maison, c’était un peu une « vieille dame » avant la rénovation : il y avait des tommettes au sol et des volets rouges. On a donc réalisé quelque chose de beaucoup plus épuré avec la couleur mastic au mur et les bois repeints en noir par exemple.

Tout comme vos collections qui conjuguent modernité et intemporalité, votre espace de vie joue du contemporain dans un écrin au cachet plutôt ancien…

Oui, c’est à la fois moderne et dans le respect de ce qu’il y avait auparavant. J’ai notamment gardé beaucoup d’œuvres d’art qu’avait collectionnées mon père ici, des tableaux, des masques africains et j’y ai ajouté des éléments de décoration réalisés par mon amie artiste Sophie Reulet, comme ce portrait de César dans ma chambre. Sans compter les toiles de Ben dont j’apprécie beaucoup l’humour. Parmi les artistes qui m’inspirent, je citerais Picasso, Giacometti, ou encore Basquiat. Et pour en revenir à la maison, toute la base de notre décoration est partie du sol noir et blanc en damier du salon. On a voulu faire de ce lieu une sorte de cottage anglais, chic mais décontracté. Un peu comme pour les bijoux Messika. Ils ont cette forme de modernité mais aussi d’intemporalité,ils représentent quelque chose qui dure et qui doit durer. Il fallait aussi que la décoration, l’ameublement ne soient pas trop précieux : ça reste une maison qui doit vivre, tout comme mes bijoux.

Quelle est votre histoire avec ce lieu?

C’est une maison familiale achetée par mon père il y a vingt-cinq ans. Je l’ai rénovée il y a deux ans pour que mes deux filles puissent en profiter le week-end. C’est un vrai cocon familial.

Si vous deviez décrire l’ambiance de votre intérieur en trois mots?

Je dirais accueillante, lumineuse et chaleureuse. La maison est traversante, les fenêtres sont partout donc on s’y sent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Les jeux de lumière et de miroirs de cette maison ne sont pas sans rappeler les reflets des diamants…

Tout ce qui est lumière est pour moi très important, car un diamant ne brille et ne vit que par la lumière, donc je pense que j’y suis très sensible depuis toute petite. Cela se reflète effectivement dans cette maison. Dans le salon, par exemple, j’ai voulu traiter la grande baie vitrée comme si c’était un tableau et que le jardin en devenait le sujet.

Dans quel endroit de la maison aimez-vous créer? Une collection en particulier dont l’idée a germé entre ces murs?

Cette maison représente un temps familial avant toute chose, un temps de pause.C’est une vraie coupure par rapport à Paris. Le samedi matin on se réveille avec les poules, les paons. Mes filles ont 6 et 4 ans et avec elles, tout devient un émerveillement. Je crée plutôt des bijoux quand je suis en mouvement. Ici, c’est un lieu pour me ressourcer et sûrement m’ouvrir à de nouvelles idées.

Une œuvre d’art, des diamants… Qu’est-ce qui fait selon vous qu’une chose est précieuse?

Sa rareté et l’histoire qu’elle porte, la résonance qu’elle procure en vous. Dans mon métier, ce qui rend un bijou précieux, ce sont les heures de travail, le savoir-faire. Toute la chaîne pour trouver un diamant puis, bien sûr, la main qui vient le tailler et, enfin, l’excellence des joailliers.

 

 

"On a voulu faire de ce lieu une sorte de cottage anglais, chic mais décontracté. Un peu comme pour les bijoux Messika.”

Les mots que j'aime

DIAMANT

C’est le fondement de ma création et la pierre de connexion avec mon père.

MODERNITÉ

Avec mes créations, j’ai voulu révéler le diamant en faisant disparaître au maximum la monture comme s’il était un tatouage sur la peau. J’ai fait beaucoup de manchettes ou de colliers qui se tordent comme une sorte d’élastique pour qu’ils puissent épouser la peau. Les femmes qui portent Messika sont toujours étonnées de la légèreté des parures.

LIBERTÉ

Elle a été primordiale dans ma création, car j’ai voulu rendre le diamant confortable. J’ai beaucoup de chance de pouvoir être libre. Quand vous créez avec des diamants, il y a toujours la peur que la matière soit difficile à trouver, mais, grâce à mon père, j’ai toujours pu trouver des solutions et je ne me suis jamais vraiment contrainte à un brief.

BONNE ÉTOILE

Il faut y croire même si c’est quelque chose qui nous dépasse. Comme cette chance folle que nous avons eue d’avoir été choisis par Beyoncé pour son clip événement (ndlr : « Apeshit ») avec Jay Z au Louvre. La photo qui a marqué les esprits dévoile le couple emblématique, La Joconde et les boucles d’oreilles et le collier Persian Drops de la Maison Messika.

AIMER

C’est un mot que j’aime à la folie pour le rappel à la filiation et ce qu’on est capable de faire par amour, par passion. C’est un vrai moteur dans la vie.

 

Par Claire Bonnot, Photos : Michel Figuet - © Pierre Vérez

Cet article est un extrait du BARNES Luxury Homes, Édition Internationale 2018, numéro 23.
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