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Philippe d’Ornano: SISLEY en toute beauté

Président de Sisley, marque de cosmétiques haut de gamme à base d’extraits de plantes, Philippe d’Ornano incarne avec éclat l’art de vivre à la française. Présente dans une centaine de pays, cette société familiale ne cesse de conquérir de nouveaux marchés. Entretien avec un homme de “haute qualité”.

“Il y a le goût des rencontres: le sel de la vie. J’y ajouterais l’affection. J’ai eu la chance de grandir dans une famille très unie. C’est un cadeau que je mesure et que j’essaie de rendre.”

Jeune homme, vous rêviez de devenir journaliste. Le destin vous a conduit à revenir vers la société familiale de cosmétiques, Sisley, dont vous êtes aujourd’hui le président. Comment qualifieriez-vous cet univers que vous avez découvert?
J’ai découvert une industrie passionnante, très technique et internationale. Et un métier très attachant. Au-delà de la beauté, il apporte une confiance en soi. En cela, c’est un domaine beaucoup plus important qu’il n’y paraît. Et puis il y a aussi tout un aspect artistique, de création, qui est très exaltant.

Définiriez-vous Sisley comme une entreprise de luxe?
Je préfère, en ce qui nous concerne, parler de «haute qualité». Nous sommes une entreprise haut de gamme. En nous appuyant sur une technologie sophistiquée, nous cherchons à offrir ce qu’il y a de mieux, les meilleurs actifs extraits de plantes, la meilleure concentration; les meilleurs conseils aussi, adaptés au profil de chaque personne, en fonction de son âge, de la nature de sa peau, de la fréquence des soins. Nous avons un rapport intime, attentif et personnalisé, avec notre clientèle.

Comment définiriez-vous vos produits?
Ils doivent répondre à trois critères majeurs: la qualité, bien sûr, qui prime sur tout. L’efficacité, en ce qui concerne notamment nos soins, car sans elle il ne saurait y avoir de fidélité à long terme. L’innocuité enfin, c’est-à-dire la certitude d’être bien toléré. J’y ajouterais le plaisir que nos clientes et clients doivent prendre à utiliser nos soins. C’est un moment intime qu’il faut savoir rendre agréable. Nous sommes dans un domaine où il faut en permanence séduire.

Vos produits sont diffusés dans une centaine de pays. Vous-même parcourez inlassablement le monde. Que vous apportent vos voyages?
Une vision globale des choses, une compréhension de l’époque. Chaque pays, chaque continent a ses particularités. En Asie, le blanchiment de la peau est à la mode, en Amérique, on ac-corde beaucoup d’importance au maquillage. Mais en même temps, on rencontre d’étonnantes similitudes. Partout, l’apparence physique demeure fondamentale. Et l’on trouve la même passion, croissante, pour les cosmétiques. J’ai par ailleurs pu constater la manière dont le monde se développe et s’enrichit. Certains marchés, tels que l’Europe de l’Est ou des pays d’Asie auxquels nous n’avions il y a quelques années qu’un accès limité, sont en plein développement.

Quelle spécificité présente le fait de diriger une entreprise familiale?
Une entreprise familiale apporte une liberté unique: celle de construire pour le long terme, sans être soumis à des impératifs financiers. Il est essentiel de savoir quel est votre horizon. Le nôtre est clair: nous avons pour ambition de bâtir une marque mondiale. Pour s’implanter à l’international, il faut donc du temps: et des produits de qualité, qui inspirent la confiance. Nous sommes là pour nous inscrire dans la durée.

Vous restez, malgré votre essor, une société de taille intermé-diaire. Ce point vous tient particulièrement à cœur. Vous êtes un ardent défenseur de cette catégorie d’entreprises.
Oui. Les ETI (entreprises de taille intermédiaire) réalisent 35% des exportations françaises. Or leur nombre a fortement diminué en France au contraire de nos voisins. Ces entreprises ont besoin de temps pour se développer. Lorsque j’ai commencé chez Sisley, nous étions 100; aujourd’hui, nous sommes 5000, avec trente filiales dans le monde entier. C’est un peu plus compliqué qu’avant, mais nous demeurons une entreprise de taille humaine. Je favorise au maximum un processus de décision basée sur une hiérarchie légère. J’essaie de garder le contact avec mes équipes, de développer un esprit collectif. Là (sourire), c’est l’ancien joueur de rugby qui vous parle.

En dehors de cet esprit d’équipe, quelles sont les valeurs que vous privilégiez?
Tout d’abord, le sens du travail, la culture de l’effort. C’est une valeur fondamentale que mes parents nous ont inculquée très tôt. Ils ont travaillé dur et j’ai moi-même commencé, adolescent, à gagner mon argent de poche en écrivant à la main le nom des clients Sisley sur les enveloppes que nous leur adressions. Ensuite, la curiosité, l’ouverture sur le monde. Ma famille est de-puis toujours très attachée à l’art, à l’Histoire. Enfin, il y a le goût des rencontres: le sel de la vie. J’y ajouterais l’affection. J’ai eu la chance de grandir dans une famille très unie. C’est un cadeau que je mesure et que j’essaie de rendre.

Les mots que j'aime...

CURIOSITÉ 

Elle enrichit, éveille l’attention aux autres. C’est une condition indispensable pour colorer la vie.

LIBERTÉ

L’un des atouts majeurs d’une entreprise familiale. La liberté est un facteur essentiel pour pouvoir se développer. La création exige un parti pris, des choix, de l’audace. Il ne faut pas craindre d’être «disruptif», d’innover. Nous ne sommes pas là pour reproduire ce que font les autres.

POÉSIE

Mon jardin secret. Je suis un littéraire, j’ai un rapport poétique à la vie. J’aime l’idée de chercher la beauté. J’écris des poèmes depuis l’âge de 15ans. Je vais d’ailleurs publier un recueil en mai prochain avec des photos de Jean-François Spricigo. Cela s’intitulera les Bêtes de compagnie.

ENTHOUSIASME

Un mot-clé. L’un des critères les plus importants quand il s’agit de recruter. J’aime que les gens ne soient pas blasés, qu’ils aient envie de faire des choses, qu’ils éprouvent le sentiment que tout est possible et qu’ils peuvent changer le monde.

SÉRIEUX

J’essaie, raisonnablement, de ne pas me prendre trop au sérieux. Il faut garder une certaine distance avec soi-même.

ENGAGEMENT

Oui, mais pas pour se mettre en valeur. Pour obtenir des résultats concrets. Dans le soutien aux entreprises familiales ou des causes qui nous tiennent à cœur telles que la condition des femmes, le combat contre les maladies mentales ou l’apprentissage de la lecture pour tous.

 

Par Bertrand de Saint Vincent.
Photos Thierry Bouët.
Réalisation : Paul Deroo.

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