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Service anonyme

Ce n’est pas ce que vous pensez. Le service est absolument horrible. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour vous envoyer dans un autre établissement. Au contraire, on reste et on vous présente une pâtisserie sous-estimée de Madrid, tenue par des personnes assez improbables.

Déjà, c’est un véritable challenge que de trouver la boutique au fin fond des rues entrelacées madrilènes, donc restez vigilant. C’est très facile de se perdre, alors gardez l’œil ouvert pour repérer le numéro gagnant, le numéro 3. Une fois devant cette petite porte elle-même comprise dans une grande porte, affublée des mots sacrés « Venta de Dulces », il est temps d’appuyer sur la petite sonnette. Entrez, et suivez le long couloir jusqu’à la statue de l’ours enlaçant un arbousier (le symbole de la ville), signe que vous êtes au bon endroit. Encore quelques pas et la succession de flèches vous amène devant une fenêtre marron, qui cache le torno, un plateau tournant. Une voix sans visage, à peine audible, répond alors « Si ? ».

C’est bon, vous y êtes ! En revanche, personne ne vous propose de prendre votre manteau ni ne vous accueille à bras ouverts. Il y a juste le portrait de Marie, et des voix sifflant « si » ou « no ». Peu importe, vous n’êtes pas venu là pour tailler le bout de gras. Au-dessus du portrait de la vierge, un petit tableau des prix, avec 8 choix, et 2 quantités : kilo ou livre. Allez, on commande.

1 kilo de Mantecados de Yema – des cookies délicieux, carrés et compacts, saupoudrés de sucre – mais ce n’est pas assez ; donc 1 livre de Tocinillos de Cielo – des pâtisseries crémeuses à base de jaune d’œuf et de sucre, couronnées de caramel. Il vous en faut (encore) plus ? Alors des « Sherry mantecados, por favor », et vous voilà avec de délicieux biscuits riches en amandes… Vous êtes maintenant comme Sainte-Thérèse : en extase.

Qui se préoccupe que le service ne soit pas au top ? Personne. Mais on mentionne tout de même les artisans derrière ces sucreries. Ce sont des sœurs, du Couvent de Carboneras du Monastère del Corpus Christi, éloignées de tout contact humain… sauf celui du Christ (enfin, on se comprend).

C’est en réalité monnaie assez courante que les couvents d’Espagne vendent des petites douceurs, leur seule source de revenus – à part les revenus spirituels de leurs prières. Alors, prêt à faire pénitence ? Amen.

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BARNES Madrid
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